CODE : F3K DLG

En aéromodélisme, les disciplines sont classifiées par des codes indigestes. Dommage, ce frein au développement cache parfois des petites merveilles : originales et addictives. C’est le cas du F3K (traduisez lancé-main) que j’ai découvert par hasard en visionnant la vidéo ci-dessous et en jetant mon dévolu sur l’Alula de chez Dream Flight.

Le lancé-main est une catégorie de planeurs qui se lancent à la force du bras (ou plutôt du haut du corps), après un tour sur soi-même comme le fait un lanceur de disque (d’où DLG – Discus Launch Glider). Le vol RC sans batterie, sans moteur, sans remorqueur, sans pente : une machine simple en apparence avec comme uniques composants un récepteur, des servos et une batterie de réception. Une vraie catégorie d’écolo – dans le bon sens du terme.

Cette simplicité apparente n’est que la face cachée de l’iceberg. Si on peut pratiquer cette discipline facilement et à moindre coût, elle aussi très technique et onéreuse… mais qu’importe la dépense, pourvu qu’on ait l’ivresse !

Pour concevoir des machines légères comme des plumes et performantes comme des flèches, les constructeurs (souvent des petits artisans de l’est) utilisent des matériaux nobles et légers. Disponibles en kits, les planeurs DLG demandent un montage soigné et méticuleux. Un minimum d’expérience est requis pour les modèles les plus performants.

Débuter à moindre coût

Est-il alors possible de goûter aux joies du DLG quand on est un rookie et pas très à l’aise en atelier ? La réponse est oui, l’Alula citée plus haut en est le parfait exemple.

Ce planeur lancé-main en « mousse » au look de rapace est un modèle 2 voies – il est équipé d’élevons sur les ailes qui permettent d’agir sur la direction et la profondeur. Le concept Alula est une machine facile, démontable et transportable. L’engin idéal pour s’initier et pardonner les lancés foirés.

Contrairement aux modèles traditionnels de F3K, l’Alula n’est pas équipé de pig – appendice placé en bout d’aile que l’on tient au lancé avec l’index et le majeur. Pour lancer l’Alula on l’attrape directement par l’aile. Le lancé moyen permet d’attendre entre 15 et 20 mètres et les performances en vol sont très honorables. Le budget est light (moins de 150 euros le pack : kit, servos, accu de réception) et l’Alula peut voler partout : en montagne, en plaine, à la plage… c’est un must have !

Parmi les incontournables pour débutants, il y aussi Le EFL de Vladimir’s Model. Ce planeur en structure est un modèle 2 voies. La construction est un peu plus pointue et les performances sont meilleures que celles de l’Alula.

En modèle intermédiaire, Dreamflight propose le Libelle qui est aussi un modèle en mousse mais qui est équipé d’ailerons et plus grand que l’Alula (1m20).

L’étape suivante

L’étape suivant est celle de l’excellence. Les machines sont magnifiques et les performances le sont tout autant mais le ticket d’entrée est beaucoup plus élevé (environ 700€ complet) ! Il existe plusieurs références sur le marché avec des envergures variant de 1m à 1m50. Les performances ne dépendent pas nécessairement de l’envergure mais un modèle plus grand sera plus visible et pourra être piloté plus haut et plus loin.

Conclusion

Le plaisir de pouvoir voler en pleine nature, sans limite et sans nuisance est immense ! Les vols sont extraordinaires et interminables quand on accroche la moindre ascendance. Un atterrissage en douceur et dans les mains est signe d’un vol réussi, survient alors l’envie de lancer encore…. Si cette article vous a donné l’eau à la bouche, un seul conseil : lancez-vous !

Un site de référence

Le forum référence du F3K en France est F3news. De nombreux produits sont présentés et les membres vous donneront plein de bons conseils. Voir le site.

Quelques subtilités de la discipline

• Hauteur du lancé : entre 40 et 60m selon le modèle et la technique du pilote

• Un planeur de F3K pèse en moyenne entre 250 et 280 grammes. Sur la balance, certains planeurs affichent même moins de 200 grammes.

• Toute la subtilité de la discipline réside aussi dans la programmation de son émetteur et dans les nombreux réglages qui amélioreront les différentes phases de vol (lancé, vitesse, « gratte’ et atterrisage). Le site du fabricant Armsoar propose un tuto (en anglais) très complet sur les réglages radio : ici

• Trois modes de vol peuvent-être utilisés pour le lancé. Le laché puis la montée dont l’angle est donné par la profondeur puis une phase « vitesse » pour lui permettre de monter le plus haut possible.

• Light ou strong : Les constructeurs proposent parfois 2 versions pour leurs modèles. Une pour le temps calme et une autre pour les journées plus venteuses.

• L’alimentation du récepteur est souvent confiée à un accu lipo 1S (de 3.7v). La boutique Française Airtech propose des smart accus qui sont équipés d’une régulation de tension et d’un cavalier faisant office d’interrupteur.

• L’envergure maximale en compétition est de 1m50

• Balast : Pour alourdir le planeur et s’adapter aux conditions de vent – il est parfois possible d’insérer du poids dans un espace réservé du fuselage. Les poids sont insérés sur une petite tige que l’on appelle « sucette ».

• Pour alléger la construction, certains modèles sont équipés d’un ressort dans le stabilisateur et la dérive. Un seul câble suffit pour actionner les gouvernes. Dans un sens, on tire sur le câble et on laisse le ressort agir pour la commande inverse.

• En compétition, les pilotes doivent réussir des missions (18 sont proposés par le règlement) dans un temps impartis. Ce règlement est particulièrement difficile à comprendre c’est pourquoi le F3K reste une discipline d’initiés.

• Les ailes sont généralement recouvertes de carbone. A l’intérieur on peut trouver ou choisir différents types de mousse comme le Styrofoam ou le Rohacell (plus dense).